« La période que nous traversons est on ne peut plus, passionnante. Notre environnement professionnel est engagé dans un processus de transformation et de renouvellement importants, lié notamment à la crise financière de 2008, à l’abandon du secret bancaire et à l’évolution des modèles économiques.

Par curiosité et par nécessité, j’ai toujours accordé une grande importance à la formation durant ma carrière, en milieu bancaire tout d’abord, puis dans la gestion de fortune indépendante.

Pour être à la hauteur de leurs tâches et des attentes de la clientèle, nos praticiens doivent avoir des compétences techniques fortes, en sus d’un degré d’intelligence et d’empathie suffisants, afin d’appréhender les besoins de leurs clients, les conseiller et les suivre correctement. Et c’est une bonne chose que la législation future s’en préoccupe enfin.

L’Association suisse des gérants de fortune indépendants (ASG), dans laquelle je suis actif depuis dix ans, exerce une réelle influence sur l’élaboration et la mise en place des dispositions réglementaires. Elle est sollicitée et écoutée, et mène aujourd’hui ce travail de critique constructive, notamment dans le cadre des projets de lois sur les services financiers (LSFin) et sur les établissements financiers (LEFin).

Comme dans tous domaines économiques, le déploiement de la gestion de fortune et du conseil financier dépend de conditions-cadres minimales qui laissent une marge de manœuvre aux professionnels de la branche pour exercer leur activité de manière efficace et personnalisée. Ceci étant, on ne peut s’empêcher de jeter un regard circonspect et plus ou moins inquiet sur l’ascension de la bureaucratie avec sa lourdeur administrative et ses redondances. Nous sommes malheureusement trop influencés par Bruxelles et le paradoxe est de penser que nos amis européens estiment que nous ne sommes pas contrôlés…

Dans certains cas, pourtant, cette tendance pourrait être infléchie. L’évolution des capacités de calculs et la disponibilité des données nous donnent la possibilité d’apprécier le travail d’un gestionnaire en fonction de ses résultats et de quantifier le risque qu’il a pris pour les atteindre. L’important est de déterminer en tout temps et avec son client, le degré de risque que ce dernier est apte à assumer et sa volonté de le faire.

Le gérant est responsable de sa gestion, tant qu’il demeure dans des limites de risques admis, que la réglementation pourra définir. Cela n’est qu’un exemple, parmi d’autres où l’utilisation des capacités informatiques est mise à bon escient au service des compétences techniques, permettant aux professionnels de la branche de traiter les données de manière rapide, efficace et, par conséquent de dégager davantage de temps pour entretenir des contacts étroits avec leurs clients et garantir, par là-même, une prestation personnalisée de qualité.

L’avenir de la profession est plus prometteur aujourd’hui qu’il ne l’était il y a encore trois ou quatre ans. Nous avons les outils et les compétences pour relever le défi si nous prenons la bonne direction et ne suivons pas les mauvais exemples. »

Serge Pavoncello

Fondateur de la société de gestion et family office Wedge Associates SA
Membre du Conseil de l’ASG depuis 2005
Ancien Directeur, responsable de la gestion au Crédit Suisse

Source : 25 ans de l’Union suisse des professions libérales USPL

https://issuu.com/chilimedia/docs/svfb/67

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